Interview d’Anne CAZAUBON

Auteur du roman le Choc de l’indifférence

Présentée par Audrey WILLIAMS

   

Audrey WILLIAMS : tout d’abord, je pense que les lecteurs, ainsi que les autres auteurs du Masque d'Or, voudraient connaître votre carrière d’écrivaine – si carrière il y a : avez-vous beaucoup écrit ? Avez-vous déjà publié ?

Anne CAZAUBON : Non, je n’ai jamais écrit ni publié précédemment.

Audrey WILLIAMS : un auteur est toujours un grand lecteur. Quels sont vos auteurs préférés, vos lectures de prédilection ?

Anne CAZAUBON : Mes goûts sont assez éclectiques. Je suis attirée par des ouvrages aux accents intimistes (Philippe Roth), dans lesquels le « ressenti » prend une part importante (Paul AUSTER). Très sensible au style d’écriture dans ces domaines, j’apprécie beaucoup Stefan Zweig, Flaubert. Bien entendu, ceci ne représente qu’un échantillon. En revanche, je suis parfaitement hermétique au « polar » et à la science-fiction.

Audrey WILLIAMS : comment s’est produite la publication de votre roman le Choc de l’indifférence ?

Anne CAZAUBON : J’ai décidé, après l’avoir écrit, de concourir. Après tout, sait-on jamais…

Audrey WILLIAMS : comment avez-vous connu les Éditions du Masque d'Or et leur directeur : Thierry ROLLET ?

Anne CAZAUBON : Je me suis donc renseignée sur le site internet « bonnes nouvelles » et y ai noué un contact très cordial avec une jeune femme qui m’a orientée vers différents concours dont le concours du roman Scriborom 2007. J’ai tenté ma chance !

Audrey WILLIAMS : expliquez-nous un peu la genèse de votre roman. Quelles ont été par exemple vos sources d’inspiration ?

Anne CAZAUBON : Je n’ai eu d’autre source que la mienne, j’ai été ma propre muse inspiratrice…L’objectif étant a priori que d’autres femmes en détresse puissent se rassurer en retrouvant dans les sensations et pensées intimes que je décris leurs propres errements… Expliquer que certaines circonstances de notre vie peuvent amener n’importe laquelle d’entre nous à nous oublier nous-mêmes, à nous dégrader en dépit de l’assurance et de l’affirmation de soi à toute épreuve que la société actuelle nous fait porter. La femme forte, autonome dans sa vie sociale et économique peut aussi dans sa vie sentimentale voir toute son aisance s’effondrer. J’ai aussi tenu à montrer que toute femme a la faculté de rebondir, de reconquérir une image d’elle-même provisoirement dévalorisée et difficile à accepter, et d’en ressortir encore plus embellie et aguerrie. Enfin, que les êtres réellement chéris, une fois les tourments apaisés, reprennent la place qu’ils méritent…

Audrey WILLIAMS : parlez-nous du titre. Celui-ci semble poser problème : comment l’indifférence peut-elle être un choc dans votre intrigue ?

Anne CAZAUBON : Ce titre, s’est imposé de lui-même sans recherche préalable. J’en suis même partie pour écrire alors que je présume, on écrit en premier lieu et on définit le titre après. Il m’a semblé contenir le paradoxe des craintes et doutes humains face à certaines occurrences. D’une manière générale, l’attente d’une situation et/ou décision, quelles qu’elles soient, et la peur d’y faire face sont plus génératrices d’angoisse que la situation et/ou la prise de décision elle-même. Dans le roman, la narratrice redoute terriblement de revoir un homme qu’elle a aimé et qui l’a tant fait souffrir à une période où elle était déjà tant en souffrance pour d’autres raisons. Elle a échafaudé mentalement tous les scénarii de comportements qu’elle se devra d’adopter si elle le rencontre avec un seul objectif en tête : lui montrer qu’il ne représente plus rien pour elle, qu’elle a tiré un trait et retrouvé toute sa dignité, alors même qu’elle est encore par moments hantée par cette histoire destructrice. La rencontre se produit. Qui plus est, l’homme est accompagné. Et là, surprise : elle ne ressent rien : ni joie bien sûr, ni peine, ni esprit de revanche, ni désir. Le néant. L’histoire s’est inéluctablement évanouie sans qu’elle en ait eu véritablement elle-même conscience. Le choc est là. Ne plus rien ressentir de la passion si ardente dans laquelle elle s’est bêtement consumée en pure perte.

Audrey WILLIAMS : quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage principal ? Comment vit-il son destin ?

Anne CAZAUBON : La narratrice ne vit pas son destin à proprement parler, elle survit. Elle est emportée, dépassée par des circonstances qu’elle n’avait pas imaginées, consécutives à une situation conjugale dramatique qu’elle ne maîtrise plus. Partant, elle ne contrôle plus le cours de sa vie, elle le subit : elle subit le mal de son mari qu’elle a profondément aimé, elle subit le feu d’une passion, qui va lui permettre de faire le deuil de sa vie de couple, de se détacher, par nécessité, de ce compagnon de près de vingt ans d’existence commune. Sa force de don de soi et de mépris d’elle-même est décuplée. C’est une femme aux abois, perdue sur tous les fronts affectifs. Une anti-héroïne par excellence…

Audrey WILLIAMS : avez-vous cherché à renouveler le genre du roman sentimental. Si oui, de quelle façon et dans quel but ? Sinon, à quel courant d’écriture vous rattachez-vous ?

Anne CAZAUBON : Non, je n’ai pas cherché à renouveler quoi que ce soit. J’ai voulu décrire avec minutie et sans concession, un exemple d’oubli de soi dans un contexte très particulier. Je n’ai pas cherché à me rattacher à un courant d’écriture quelconque (une influence d’Alice Ferney toutefois peut se faire jour).

Audrey WILLIAMS : quel sera votre avenir d’écrivaine ? Envisagez-vous une suite à ce roman ? Avez-vous d’autres ouvrages prêts ou en préparation ?

Anne CAZAUBON : en gestation…

Audrey WILLIAMS : le mot de la fin sera… ?

Anne CAZAUBON : surmonter chaque souffrance que nous impose la vie pour affronter la suivante…

 

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