LE CAUCHEMAR D’ESTE, de Claude JOURDAN

Publié sur le site www.ecrivainsenligne.com

 

 

Thierry : Avant de commencer, j'aimerais que tu parles un peu de toi, de ton parcours antérieurement à l'édition de ton recueil de contes le Cauchemar d’Este.

Claude : Mon parcours littéraire est des plus classiques : j’avais envie d’écrire alors j’ai écrit, là ! Je me suis intéressé un peu à tout et j’ai commencé par publier quelques contes dans des fanzines. Je travaille dans une banque suisse, ce qui ne nuit pas à mon imagination. En outre, je me passionne pour les arts martiaux et j’avais eu vent d’un appel à textes concernant la collection BIOSTAR des Éditions du Masque d’Or : elles demandaient une biographie de Bruce Lee. Je l’ai écrite et elle a été acceptée tout de suite ! Puis, j’ai publié chez le même éditeur un roman Pour Celui Qui Est Devant, qui raconte comment un maître en taekwondo réussit à remettre dans le droit chemin les jeunes d’un quartier défavorisé.

 

Thierry : Quels sont les auteurs de SF et de fantastique qui t'ont marqué ?

Claude : Plutôt le fantastique que la SF, à vrai dire. J’apprécie surtout Lovecraft et son illustre maître, Edgar Poe. Je me défie du fantastique moderne, appelé surtout « fantasmatique », qui réutilise ce qu’il voit de plus sale dans notre quotidien pour en faire du fantastique. Quelle saleté ! Il me serait plus facile de parler des livres fantastiques que j’ai détestés mais je préfère rester charitable.

 

Thierry : Qu'est ce qui t'attire dans la le fantastique ? Apprécies-tu aussi la fantasy ?

Claude : Il s’agit avant tout pour moi d’explorer les tréfonds de l’âme humaine et surtout de ré-exploiter les mythes et légendes, quitte à les mettre à une sauce nouvelle. J’apprécie aussi la fantasy, quoique à un degré moindre car je n’y ai pas de vrais repères. Ce genre m’intimide et me fait hésiter à prendre la plume pour l’affronter. J’aime aussi composer des contes pour enfants, c’est pourquoi j’ai participé d’enthousiasme au recueil Contes à quatre têtes publié par le Masque d’Or. Dommage que le public n’ait pas suivi…

 

Thierry : Pour nos lecteurs, indique-nous, s'il te plaît comment s’est passée la découverte des éditions du Masque d'or ?

Claude : Je l’ai dit : par appel à textes sur une biographie. Toi et moi avons reconnu nos goûts en commun : toi aussi, tu pratiques les arts martiaux ! Je te suis très reconnaissant de m’avoir donné ma chance, d’autant plus que Bruce Lee a connu une vente record pour une petite structure éditrice : plus de 700 exemplaires !

 

Thierry : Quel a été ton ressenti lorsque www.ecrivainsenligne.com a accepté de publier ton recueil ?

Claude : Un soulagement ! Tu as fait ton travail d’agent littéraire, puisque c’est toi qui m’as présenté à cet éditeur en ligne. Auparavant, tu m’avais recommandé aux éditions Nuit d’Avril, qui ont refusé le manuscrit parce qu’ils n’aiment pas Lovecraft !!! Par la suite, ils m’ont également refusé un petit roman… mais, heureusement, tu as beaucoup de cartes dans ta manche, qui nous permettent de contacter des éditeurs bien plus sérieux que celui-là !

 

Thierry : Les mythes et les légendes donnent lieu, en effet, à beaucoup de « lovecrafteries ». Mais on constate chez toi une revisite de ces mythes d’une façon plus intimiste. Je me trompe ?

Claude : Non, c’est exact. Lovecraft pouvait avoir lui aussi l’envie d’exprimer ses craintes personnelles, voire ses humeurs, ses angoisses, ses fantasmes, pourquoi pas ? Je continue d’explorer le mythe lovecraftien avec ma sensibilité à moi, tout comme Dan Innosanto, élève de Bruce Lee, a poursuivi les recherches de son maître sur le Jeet kune do, art martial inventé par Bruce Lee. Pour moi, adepte des arts martiaux, suivre la voie d’un maître est une démarche toute naturelle. C’est en l’adaptant à soi-même que l’on compose ensuite son art.

 

Thierry : C’est un aperçu philosophique qui, je pense, plaira aux lecteurs. Une autre idée surgit : celle du complexe de culpabilité de l’homme vis-à-vis de lui-même et de la nature…

Claude : C’est un sujet que l’on croit à tort bien usé, tout simplement parce que l’homme n’y fait plus attention. Aujourd'hui, plus personne n’est responsable, plus personne ne se sent coupable de rien et tout le monde se pose en victime. C’est ce qui arrive en effet aux personnages de ces contes. Il s’agit donc d’une dénonciation d’un thème moderne, de l’une des principales tares de l’homme actuel.

 

Thierry : Te rattaches-tu seulement au courant lovecraftien ?

Claude : Je m’efforcerai, dans mes futurs écrits fantastiques, de poursuivre sur ce thème mais en lui donnant un nouveau souffle. Par exemple, en remplaçant les dieux et démons de Lovecraft par des mythes modernes, comme je le disais précédemment. Dans un roman fantastique à paraître, j’explore, par exemple, le thème des jumeaux : sont-ils donc si semblables ? Les dieux qu’on leur a donnés comme protecteurs ne sont-ils pas une image totalement fausse de la gémellité ? En surplus, le mythe du vampire m’intéresse également, mais d’une façon plus scientifique, qui élimine le contexte religieux trop classique et réducteur, à mon avis.

 

Thierry : Quels sont tes projets en matière de fantastique ?

Claude : Publier mon prochain roman. Pour le moment, ma priorité en matière rédactionnelle va au recueil de contes pour enfants. Je suis motivé, étant bientôt papa !

 

Thierry : Le mot de la fin sera ?

Claude : Vampires, garde à vous !