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INTERVIEW : (réalisée par Audrey WILLIAMS) MA
TERRE IMPLOSIVE de Santo CAPPON Audrey : Avant de commencer, j'aimerais que vous
parliez un peu de vous, de votre parcours antérieurement à l'édition de Ma
Terre implosive. Santo : Actif depuis
toujours dans la promotion culturelle (vulgarisation historique et musique
classique), je me suis lancé en 1998 sur le terrain de l'édition, en écrivant
puis publiant un livre à succès, traduit depuis en plusieurs langues (y
compris le chinois et le brésilien) = Mémoires de l'Assassin de Sissi (Cherche
Midi). Assortie jusqu'à ce jour de multiples retombées audiovisuelles et autres
: émissions radio, TV, films documentaires, reconnaissance académique etc,
cette aventure éditoriale m'a encouragé à persévérer dans l'écriture. Audrey : Quels sont les auteurs qui vous ont marqué
? Santo : Victor Hugo et
Claude Manceron pour l'Histoire, Stephen King, Edgar Poe et Cortazar pour le
Fantastique. Audrey : Qu'est-ce qui vous attire dans le
fantastique notamment ? Est-ce votre genre littéraire préféré ? Santo : Toute littérature
est bonne à prendre, si la qualité s'en dégage. Mais le fantastique pouvant
naître de n'importe quelle situation réelle me fascine au premier degré. Le
film qui nous sépare d'un basculement possible dans l'horreur ou le
merveilleux, a l'épaisseur d'un papier à cigarette. Audrey : Passons maintenant à Ma Terre
implosive : quelle est la genèse de ce recueil ? Comment a-t-il été
composé ? Santo : Le vécu
accumulé, avec les incroyables circonstances qui l'ont accompagné au gré des
années. La mémoire ainsi restituée est un abcès mordoré qui a mûri
longtemps, avant d'éclabousser le papier .... Audrey : Comment s'est passée la rencontre avec
Thierry Rollet, le responsable des éditions du Masque d'Or ? Santo : La magie d'internet
m'a permis de découvrir cet éditeur doublé d'un auteur passionné et sans
faux semblants. Audrey : L'intrigue insiste fortement sur les
relations humaines et, en même temps, sur les particularités des humains dans
les divers pays traversés. S’agit-il d’un message ? Santo : N'importe quel
voyageur assidu comprendra vite que le contact humain le plus fugace renferme
davantage de promesses que le plus beau des paysages. Audrey : On voit notamment des situations qui
pourraient être conflictuelles ou générer des incompréhensions. En
parlez-vous par expérience ? Autrement dit, quelle sagesse avez-vous tirée
de vos voyages, puisque ces nouvelles sont « presque entièrement vécues » ? Santo : Des conflits
affrontés naissent en principe leurs solutions.Quant à la sagesse, elle est
plus difficile voire impossible à saisir. Mais en tous les cas, le fantastique
est au bout de la route, offrant parfois des réponses privilégiant la
logique de l'absurde. A vous d'en saisir les potentialités ! Audrey : Quelle est la part du fantastique dans ces
histoires ? Autrement dit, avez-vous eu tout de suite une sorte de prémonition,
de rencontre avec le fantastique au moment où vous viviez ces aventures ? Santo : J'ai toujours
su que de se mettre soi-même dans les situations les plus particulières, est
le meilleur moyen de provoquer et même de convoquer l'Improbable.
Audrey : l’humour n’est pas absent dans ces
nouvelles (comme dans Christ à vendre) ; insistez-vous dans ce cas
sur le bizarre qui peut provoquer le sourire ou bien voulez-vous attirer
l’attention sur ce que la connaissance des civilisations peut apporter à la nôtre ? Santo :
Je pense tout simplement que l'humour est la seule soupape permettant de
philosopher un peu, ici et là, sans que le lecteur ne se prenne la tête. Audrey : aujourd'hui, on parle beaucoup de
mondialisation, qui voudrait couler toutes les civilisations dans un même
moule. Mais on n’a pas cette impression en lisant votre recueil. Avez-vous eu,
durant ces voyages, l’impression d’assister aux manifestations d’univers
aujourd'hui en voie de disparition ? Santo : Même si, d'un
pays à l'autre et dans les vitrines des grandes avenues on retrouve de nos
jours les mêmes marques de luxe multinationalisées, dans les banlieues
grouillantes, les campagnes et les arrières-pays, le naturel et les traditions
reprennent vite le dessus. Audrey : vous êtes également peintre,
l’illustration de couverture est de vous. Quels rapports particuliers
voyez-vous entre littérature et peinture ? Santo : Le verbe a ses
limites et ses spécificités. Les arts plastiques également, mais leur impact
est plus immédiat, surtout à notre époque. Au demeurant et dans le passé,
Victor Hugo a illustré ses propres livres. Audrey : Le mot de la fin sera… ? Santo : Même sur mon lit de mort je ne vous livrerai pas mon "mot de la fin", car ce qui suivra cet événement ultime renfermera peut-être de quoi revenir par la fenêtre sous forme de papillon (comme dans la tradition malgache), afin vous surprendre et hanter vos nuits ... |