Interviews d'auteurs

INTERVIEW de Christian FRENOY

Auteur du récit Enfer d'enfance

par l'équipe rédactionnelle du Scribe masqué (N°14 - janvier 2026)

 

Les genres littéraires qui ont ma préférence sont :

- le fantastique : toutes les manifestations du surnaturel me paraissent intéressantes, tout ce qui peut évoquer l’irruption de l’extraordinaire dans le quotidien ordinaire. Ainsi je me suis délecté dès mon adolescence des contes d’Edgar Allan Poe, des romans de Theodore Sturgeon –(Cristal qui songe Les plus qu’humains…)puis par la suite des nouvelles de Lovecraft ;

- les grands classiques de la littérature : Zola, Balzac, Flaubert, Stendhal, Maupassant, Chateaubriand ;

- les ouvrages d’écrivains traitant de spiritualité, voire même de mysticisme tels que les romans de Léon Bloy qui se voulait être le prophète du Paraclet, de Georges Bernanos et plus près de nous de Christian Bobin qui sait si bien mêler les choses du surnaturel à celles du quotidien.

Pour ce qui est de la poésie je voue un amour particulier aux grands poètes romantiques tels que Lamartine et Vigny. Quoi de plus beau que ces quelques vers de Lamartine :

« Là je m’abreuverais à la source où j’aspire

Là je retrouverai et l’espoir et l’amour

Et ce bien idéal que toute âme désire

Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour »

(in L’isolement )

J’apprécie particulièrement Verlaine , sa musicalité et sa géniale simplicité et son habileté à jouer des assonances et des allitérations :

« Des romances sans paroles ont

D’un accord discord ensemble et frais

Agacé ce cœur fadasse exprès

Ô le son le frisson qu’elles ont »

(in Romances sans paroles)

Verlaine est tout en nuances en subtilités, l’univers qu’il nous peint est à peine suggéré , c’est comme un murmure qui nous parle, tout n’est qu’esquisses à peine dessinées , c’est comme de la buée sur la vitre très mince qui sépare le visible de l’invisible.

J’apprécie également beaucoup d’autres poètes tels que Nerval, Saint John Perse, Supervielle , René Guy Cadou et bien d’autres encore…

Le conseil que je donnerais à un écrivain débutant ? Je luis poserais simplement la question suivante : pourrais-tu vivre sans écrire ? Si la réponse est négative je l’inviterais à poursuivre son chemin dans l’écriture afin d’être autant que possible en accord avec lui-même.

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INTERVIEW de Thierry ROLLET

Auteur du roman Évadés de la haine – tome 1 : l’École de la haine

 

par Audrey WILLIAMS

 

Thierry, on ne vous présente plus maintenant, avec vos 50 livres publiés…

Vous me flattez, Audrey ! Si l’on considère qu’un auteur est connu parce qu’il a publié 50 livres, c’est toujours à démontrer. En effet, bien des auteurs, devenus des phénomènes publicitaires par la volonté de leurs éditeurs alors qu’ils ont moins publié, ont bénéficié d’une chance purement commerciale. Quant à moi, dont le grand Galligrasseuil a toujours rejeté les œuvres, je reste ce que je suis : un auteur, un homme qui aime écrire et qui ne serait plus lui-même s’il n’écrivait plus.

 

Comment s’est effectuée cette nouvelle publication ?

Évadés de la haine – tome 1 a été refusé par plusieurs éditeurs, dont les Presses de la Cité qui m’ont suggéré de me faire publier chez un de leurs partenaires : Iggy Books, un éditeur qui pratique le compte d’éditeur avec participation (voir à ce sujet l’éditorial de ce numéro). Certes, il semble tout à fait honnête et on peut considérer que c’est une bonne forme de publication, puisque, de nos jours, même les grands éditeurs n’osent plus guère éditer d’auteurs qui ne sont pas des personnalités (du spectacle et de la politique notamment). Mais j’ai préféré utiliser mon Masque d’Or : après tout, c’est lui mon meilleur éditeur !

 

Maintenant, parlez-nous de la genèse de ce roman : qu'est-ce qui vous en a donné l’idée ?

Ma passion pour l’histoire est bien connue et je me m’intéresse en particulier à la Seconde Guerre mondiale et ce qui l’a immédiatement précédée : le nazisme. On en parle toujours beaucoup mais on en ignore encore tous les dessous, tous les secrets : bien des livres paraissent continuellement sur ce sujet. J’ai notamment découvert récemment l’existence des Napola, écoles fondées par le parti nazi pour former ses cadres, militaires et civils, recrutés parmi les « meilleurs » membres des Jeunesses Hitlériennes. J’ai voulu partager cette découverte, assez ahurissante d’ailleurs, avec mes lecteurs.

 

Votre roman mêle le tristement célèbre Ku Klux Klan américain avec le nazisme. N’y a-t-il là rien de paradoxal ?

Absolument pas : le Ku Klux Klan, créé tout de suite après la Guerre de Sécession (1861-1865) pour lutter contre les Noirs et ceux qui les soutenaient, peut être considéré actuellement comme le continuateur des thèses nazies. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que les membres de cette société de haine raciale aient pu être séduits par le nazisme. L’annonce de la guerre entre le 3ème Reich et les États-Unis a d’ailleurs dû plonger le Ku Klux Klan dans la consternation. C’est ce qui sera d’ailleurs abordé dans le 2ème tome, à paraître l’an prochain – mais chut ! N’anticipons pas !

 

Considérez-vous votre roman avant tout comme un roman à message ?

Oui, bien sûr. Le message est le suivant : même dans le cas d’une éducation dans la haine, analogue à celle que reçurent les Jeunesses Hitlériennes, il se peut très bien que certains jeunes refusent cette éducation et fassent passer l’amitié par-dessus tout. Par ailleurs, on a admis la non-responsabilité des Jeunesses Hitlériennes après la guerre, du moins pour ceux qui n’avaient pas combattu parmi les SS. Ils ont été amnistiés, ces malheureux enfants qu’il a fallu ensuite « dénazifier ». Mais tous n’ont pas accepté les thèses nazies : Hans et Sophie Scholl, par exemple, en sont un vivant témoignage.

 

Bien sûr, vous ne nous révèlerez pas la teneur du second tome. Pouvez-nous cependant nous dire si Peter, le personnage principal, tiendra sa promesse ?

Il la tiendra, bien entendu. Il fera mieux même, en s’engageant volontairement dans une entreprise pleine de risques ! Je n’en dirai pas davantage.

 

Avez-vous d’autres projets littéraires, d’autres romans en préparation ?

J’ai toujours eu plusieurs projets en tête. Il m’est même arrivé de travailler sur plusieurs livres à la fois. C’est en cours en ce moment, ainsi que pour les publications. J’attends celle d’un roman pour la jeunesse : les Pavés de l’enfer, qui sera publié prochainement par les éditions Delahaye dans la mythique collection Signe de Piste, qui fait partie de mes premières amours littéraires. Mon essai biographique sur Édith Piaf vient également d'être traduit en anglais et publié par Dedicaces LLC sous le titre : Édith Piaf – Ode To The Child Of The Vagrant (voir supra).

 

Je vous souhaite bonne inspiration et vous remercie de votre participation, Si vous avez quelques commentaires à ajouter... ?

Vivre, pour moi, c’est écrire. Si Dieu me prête vie, j’aurais encore bien des révélations littéraires à transmettre au public !