Questions fréquentes

REPONSES AUX QUESTIONS FREQUEMMENT POSEES

(éditoriaux parus dans la revue Scribe Masqué, Éditions du Masque d'Or)

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Attention aux faux ateliers d’écriture !

 

            Certains ateliers d’écriture ou prétendus tels intitulent leur publicité : « Devenez un auteur publié grâce à nous. » Autant préciser tout de suite qu’il ne suffira pas de dire à un éditeur que vous avez suivi tel atelier d’écriture pour que cet éditeur se précipite vers vos écrits, alléché par cette information. Un atelier d’écriture qui se respecte forme l’auteur débutant à l’écriture de textes littéraires, c’est tout. En aucun cas, il ne peut prétendre servir d’intermédiaire entre auteur et éditeur. Ceci est la tâche d’un agent littéraire. À noter également que tout agent littéraire qui prétend s’occuper de vous mettre en relation avec un éditeur a une obligation de résultat, comme tout prestataire de services : s’il s’engage à vous trouver un éditeur, il doit y parvenir.

Certes, SCRIBO peut cumuler les deux fonctions : atelier d’écriture et agent littéraire. Bien entendu, c’est vers un contrat à compte d’éditeur que l’agent littéraire doit vous diriger, tant il semble évident qu’une édition à compte d’auteur peut fort bien se passer d’intermédiaire pour se réaliser.

 Thierry ROLLET

VRAIS ET FAUX AGENTS LITTERAIRES

Qu’est-ce qu’un agent littéraire ?

Je vous invite à réfléchir avec moi à cette grave question.

L’agent littéraire, notons le bien, est une profession qui n’existe pas en France. Dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, personne ne songerait à se faire éditer sans passer par un agent littéraire, alors qu’en France et dans de nombreux pays francophones, les éditeurs privilégient le contact direct avec les auteurs, sans passer par aucun intermédiaire ; ce comportement se rencontre avant tout parmi les plus grands : le grand Galligrasseuil et ses pareils, bien entendu !

Cependant, les éditeurs plus modestes peuvent accepter l’avis d’un intermédiaire qu’ils connaissent au point de faire confiance à son jugement littéraire. Il faut dire que les moyens ou petits éditeurs ne disposent généralement pas d’un comité de lecture très important : composé avant tout de l’éditeur lui-même, éventuellement de ses associés, il s’occupe en fait de tout dans la maison, aussi bien de lire les manuscrits que de toutes les tâches administratives et techniques qui entrent dans le domaine éditorial – à l’exception de l’impression des livres. C’est pourquoi l’aide d’un élément extérieur peut leur être précieuse, en ce sens que la plus grande partie du travail à été faite par l’agent littéraire : lecture, analyse, corrections éventuelles… Par conséquent, le comité de lecture reçoit un travail fini et peut ainsi mieux l’apprécier. En outre, la recommandation d’un agent littéraire reconnu est un plus pour l’auteur, puisqu’elle lui permet ainsi de ne pas arriver comme un inconnu et d’être lu en priorité, au lieu d’attendre sous une pile d’autres ouvrages à lire. Tel est, en tous cas, l’engagement moral que l’entreprise SCRIBO demande à ses partenaires éditeurs et qui justifie le paiement des frais forfaitaires demandés par devis à tout auteur qui accepte ses services.

Cela, bon nombre d’entre vous le savent déjà, certes. Par contre, ce qu’ils ignorent peut-être, c’est qu’un litterary agent, c'est-à-dire un agent littéraire à l’américaine est rémunéré grâce au pourcentage qu’il prend sur les droits versés à l’auteur. Les auteurs qui le savent estiment que c’est ainsi que tout agent littéraire, même français, devrait fonctionner. C’est pourquoi je reçois parfois des courriers d’auteurs qui souhaitent que leur agent littéraire « sache prendre des risques » en adoptant ce mode de rémunération.

Je les informe alors qu’un agent littéraire à l’américaine privilégie les auteurs dont il a su, avant tout, apprécier le potentiel de « personne publique », sachant paraître dans des émissions publicitaires et apte à parler en public pour se vendre. Ainsi, ils connaissent l’auteur en personne. Ils s’acoquinent alors avec des éditeurs qui recherchent ce même potentiel afin de réaliser des best-sellers. Lorsque ce duo agent littéraire-éditeur en a trouvé un, ils le publient et le vendent, c’est tout, et souvent au détriment du talent littéraire, remplacé par les capacités commerciales de ce trio auteur-agent littéraire-éditeur. Cela se conçoit d’autant mieux que les éditeurs anglo-saxons n’ont pas de comité de lecture, ce rôle étant entièrement joué par l’agent littéraire seul.

C’est ce qui fait immédiatement comprendre qu’un agent littéraire à l’américaine ne prend aucun risque, en vérité, puisqu’il n’est que l’un des rouages d’une machine à fabriquer des best-sellers. Dans ce cas, le nombre des auteurs délaissés, déclassés, refusés même quand leur copie est bonne, ne peut être qu’effarant ! Par conséquent, ne vaut-il pas mieux privilégier la conception de SCRIBO, qui demande une rémunération forfaitaire au départ et plus rien ensuite ? Dans ce cas, bien entendu, SCRIBO est astreint à une obligation de résultat : trouver un éditeur.

Certes, encore faut-il que l’ouvrage présenté soit publiable. SCRIBO offre alors ses services pour améliorer le manuscrit, grâce à la « fiche de lecture » qui donne de précieux conseils de correction. Il est vrai qu’ils sont rarement suivis d’effets puisque la plupart des auteurs qui en font l’objet ne donnent aucune suite à ces conseils. Par contre, tous ceux qui l’ont fait ou ceux, nettement plus rares, dont le livre était publiable dès l’abord ont tous été publiés. Même s’ils ne sont pas devenus des best-sellers – quoique certains aient fait un très honorable résultat – ils ont été publiés, et ont confirmé à SCRIBO que c’est bien à ses services tels que l’entreprise les conçoit qu’ils devaient cette heureuse issue. Je ne peux que souhaiter continuer ainsi.

Les faux ou prétendus agents littéraires

ATTENTION : comme il existe des brebis galeuses partout, certaines entreprises qui s’intitulent « agents littéraires » gâchent le métier en escroquant les auteurs.

Si leurs prix sont encore raisonnables, on peut reprocher à ces gens de faire croire aux auteurs qu’une présentation « professionnelle » du texte assortie d’une recommandation est une garantie absolue d'être publié. Certes, c’est important mais SCRIBO, en tant qu’agent littéraire, tient à rappeler cette clause essentielle qui figure sur la page d’accueil du site www.scribomasquedor.com et sur sa publicité : « Bien entendu, c’est l’éditeur qui décide de publier ou non le manuscrit, SCRIBO ne pouvant s’engager à sa place. » SCRIBO s’appuie ici sur des faits contrôlables et non sur des promesses ou des garanties imaginaires. Les faux agents littéraires n’oublient pas d’ailleurs de préciser qu’ils peuvent aussi recommander les auteurs à des « partenaires » mais quand on sait que ceux-ci sont des éditeurs à compte d’auteur abusif, cette « recommandation » se passe de commentaires… !

D’autres, plus honnêtes, s’organisent en association loi de 1901. Bonne idée mais pas forcément de bons services : l’auteur reçoit une analyse et une « liste d’éditeurs susceptibles de l’éditer »… et c’est tout. Même pour un tarif modique, c’est loin d'être suffisant : un agent littéraire digne de ce nom se doit non seulement de conseiller mais aussi de trouver un éditeur pour les ouvrages publiables, et non pas d’en donner seulement une liste. En effet, si tous les éditeurs de la liste refusent, l’auteur aura payé pour rien… ou pour pas grand-chose !

SCRIBO s’est toujours astreinte à trouver un éditeur : c’est son devoir. Si l’entreprise n’en trouvait pas, l’ouvrage publiable serait édité au Masque d'Or. « SCRIBO tient cependant à préciser que les auteurs qu’elle a recommandés, même après corrections, ont tous été publiés. » Encore une fois, voici des faits contrôlables. C’est la fierté de SCRIBO.

                                                                                                                                         Thierry ROLLET

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PATIENCE DANS L’EDITION

Certains auteurs, insatisfaits que leur livre ne soit pas un best-seller – du moins à leurs yeux –, n’hésitent pas à mettre en cause la gestion, le travail, voire les capacités de leur éditeur.

Pour ces auteurs, le travail de l’éditeur, c’est de vendre et de tenir des stocks prêts à la vente, sans parler des envois systématiques aux libraires – on les appelle des offices – afin que toutes les librairies puissent s’enorgueillir d’avoir dans leurs rayons et, pourquoi pas, dans leur vitrine le bébé chéri de papier de tel auteur, souvent nouveau venu dans le paysage éditorial.

Chers auteurs qui raisonnez ainsi, soit vous êtes irréfléchis, soit vous ignorez un certain nombre de règles ou d’usages. Permettez-moi de vous en citer trois :

1. sachez que peu de libraires acceptent des offices ; encore faut-il négocier avec eux, car ils se montrent de plus en plus agacés par les envois sauvages des « grands » éditeurs ; bien souvent, des cartons entiers issus de ces « grands » de la place parisienne repartent sans avoir été ouverts ;

2. comprenez que beaucoup d’éditeurs privilégient l’impression à la demande, c'est-à-dire conditionnée aux commandes fermes qu’ils reçoivent ; c’est notamment ce qui leur permet de ne pas faire faillite, tout en maintenant de petits stocks surtout pour les services de presse ;

3. admettez que l’éditeur a fait son travail lorsqu’il a su mettre votre bébé de papier en valeur par un maximum de publicité ; or, malgré toute la pub que l’on peut faire au livre, qui n’est qu’un produit de consommation comme un autre, c’est toujours le public qui achète ; en tant que consommateurs vous-mêmes, chers auteurs, achetez-vous systématiquement tel produit parce qu’il a bénéficié d’une publicité tapageuse ?

Le public n’achètera jamais que les livres qu’il a envie d’acheter. On ne saura jamais pourquoi tel livre a plus de succès que tel autre. Même les plus prestigieux des éditeurs en sont conscients, faute de quoi ils ne seraient pas obligés de détruire systématiquement les 2/3 de leur production annuelle au terme de chaque année.

Un auteur conscient et de sa valeur et des nécessités de son métier – car écrire est toujours un métier – n’hésitera jamais à payer de sa personne, sur les conseils de son éditeur si nécessaire : il participera à des salons du livre, fera des séances de dédicaces dans les librairies, fera parler de lui dans la presse locale – car on est d’abord et surtout connu localement… Bref, il participera à la vie de son livre, son travail n’étant pas terminé, loin de là, lorsque le livre est sorti des presses.

Paraphrasant Saint-Paul, je conclurai en disant : « Éditeurs, soyez aux petits soins pour vos auteurs, notamment en leur démontrant que leur travail n’est pas fini quand leur livre est publié. Libraires, restez les amis des auteurs et des éditeurs, car c’est eux qui vous font vivre. Et vous, auteurs, n’exaspérez pas vos éditeurs, de peur qu’ils ne se découragent ! »

                                                                                                                                                             Thierry ROLLET

LE MÉTIER D’ÉCRIVAIN

(témoignage d’un auteur d’occasion)

ÉCRIRE, QU'EST-CE QUE C’EST ?

Pour certains, c’est raconter ses souvenirs de jeunesse, de vie, de travail, d’une époque traversée riche en rebondissements. Cette sorte d’écriture concerne surtout les personnes du 3ème âge. Les plus sages réaliseront alors une autoédition en faisant simplement appel à un imprimeur, qui donnera vie à leur bouquin pour le seul profit de leur famille, notamment les enfants et petits-enfants. Les moins sages – dont l’ego se croit investi d’une mission de « témoin » en s’imaginant avoir vécu des événements extraordinaires – se lanceront dans l’édition proprement dite, quitte à se faire arnaquer par ceux que notre ami Thierry ROLLET a coutume d’appeler « le gang des maquettistes », ces prétendus éditeurs qui affirment ne faire payer que la « maquette » de l’ouvrage – entre 1500 et 3000 € – alors que ce paiement couvre très largement le chiffre d’un tirage d’environ 200 ou 300 exemplaires. Thierry ROLLET et moi-même avons parfois rencontré certains de ces grands-pères ou certaines de ces grands-mères ainsi soulagés d’une bonne partie de leurs économies.

Bien entendu, tout le monde ne se laisse pas abuser ainsi. La plupart des auteurs qui tentent l’aventure de l’édition peuvent se montrer moins naïfs, quoique amers, car ils se rendent compte que les best-sellers – ou, sans aller jusque-là, les ouvrages les plus aisément publiés – sont écrits ou signés par des VIP.

Par contre, ce dont beaucoup d’auteurs ne se rendent pas compte, c’est qu’écrire est un métier, avec toutes les exigences d’une telle situation. Un nouveau livre demande toujours beaucoup de travail et d’efforts, pour réunir la documentation, rédiger, corriger, recommencer, améliorer… Nombreux sont les auteurs qui n’en ont pas conscience !

Ce disant, je ne jette la pierre à personne car je dois me compter moi-même parmi ces naïfs, qui ont eu tendance à considérer le fait d’écrire un roman, par exemple, comme une bonne occupation de loisirs. J’en ai moi-même écrit deux : Mars-la-Promise et Vénus-la-Promise , dans le genre qui fait partie de mes lectures de prédilection : la science-fiction. J’ai eu le bonheur de voir le premier – en vérité, mon premier roman publié, qui plus est – récompensé par le Prix SCRIBOROM auquel j’ai participé en 2005. Mais ensuite, notamment lors de la rédaction du second, j’ai découvert que je n’étais vraiment qu’un écrivain d’occasion et que ma passion pour l’anticipation scientifique et spatiale ne m’incitait pas vraiment au travail colossal – le mot n’est pas trop fort – que me demandait ce roman. Sans les encouragements reçus notamment de Thierry ROLLET et de Laurent NOEREL, je ne l’aurais sans doute jamais terminé.

C’est pourquoi je ne me définis plus comme écrivain au vrai sens du terme. Des étiquettes telles que « écrivailleur » ou « noircisseur de papier » me conviendraient mieux. En tous cas, s’il m’arrive parfois de participer dans l’avenir aux appels à textes des Éditions du Masque d’Or, je n’écrirai plus de romans. Le projet des aventures futures du Ramjet , évoqué à la fin de Vénus-la-Promise, sera rédigé par Thierry ROLLET et je n’en fournirai que le scénario.

Je ne suis pas paresseux : je suis réaliste. Je n’ai pas l’esprit d’un écrivain, je ne me sens plus prêt à me plier aux exigences du métier d’écrivain. C’est pourquoi je ne saurais trop conseiller aux auteurs de ne jamais commettre la même erreur que moi : écrire, c’est un métier, que vous pouvez exercer en surplus de celui qui vous fait vivre. Mais, si vous voulez publier, ne considérez jamais l’écriture comme un loisir : vous seriez trop déçus, voire rebutés par la réalité. Bon courage et surtout bonne motivation, donc, à tous ces cousins écrivains – des vrais ! – dont je découvrirai toujours les productions avec grand plaisir.

Jean-Nicolas WEINACHTER

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LA DUREE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE

LA PETITE EDITION – entendons par-là : les éditeurs qui ne constituent pas de stocks importants, impriment selon les commandes et n’ont pas de diffuseur – représentent 90% de l’édition française. Chez la plupart de ces éditeurs, les contrats sont limités à 2, 3 ou 5 ans renouvelables, rarement davantage. Pourtant, certains, peu nombreux mais existants, raisonnent comme le grand Galligrasseuil et autres « grands éditeurs » de la place parisienne en limitant le contrat « à la durée de la propriété intellectuelle ».

Formule mystérieuse ! Qu'est-ce que c’est, au juste ?

C’est le plus important engagement auquel un auteur peut se trouver lié : il comprend non seulement toute la vie de l’auteur, mais aussi 70 années après son décès, c'est-à-dire qu’il engage ainsi les ayants-droits de l’auteur : enfants, petits-enfants et/ou tous les autres.

À l’issue de ces 70 années, les ouvrages de l’auteur entrent dans le domaine public, ce qui signifie que chaque éditeur a le droit de les publier sans verser de droits à personne. Encore s’agit-il, bien entendu, des ouvrages publiés du vivant de l’auteur. Pour ceux publiés post-mortem, notamment par l’un des ayants-droits de l’auteur, c’est donc à la durée de vie de ce dernier, plus 70 années après son décès, que s’applique la durée de la propriété intellectuelle.

Il faut en outre savoir que la mise au pilon de tel ou tel ouvrage de l’auteur pour cause de mévente ne libère absolument pas cet auteur. En effet, il reste sous contrat avec son éditeur, qui peut donc rééditer l’ouvrage plus tard, si une occasion de revente se présente, ou en faire une édition spéciale (pour un club, pour une reproduction totale ou partielle du texte, pour une édition de poche ou de luxe, etc), bref, si une opportunité intéressante se présente pour lui. L’éditeur possède donc toujours les droits sur l’ouvrage et peut continuer à l’exploiter sous la (les) forme(s) qu’il souhaite.

Cette notion complexe peut paraître trop exigeante, en ce sens qu’elle semble retenir l’auteur prisonnier de son éditeur. Ayant moi-même quelques-uns de mes ouvrages soumis à cette condition, j’estime qu’elle constitue plutôt une garantie, voire une protection. En effet, nul ne peut alors plagier l’auteur sous peine de poursuites judiciaires – menées par l’éditeur, puisque c’est lui qui possède les droits. En outre, l’auteur peut être assuré que l’éditeur saura profiter de toutes les occasions de vente ou de publicité pour l’ouvrage, assurant ainsi le succès du livre .

Le Masque d'Or, pour sa part, estime que lorsqu’un livre ne se vend plus, qu’il ne fait l’objet d’aucune commande depuis plusieurs mois, il est inutile de le rééditer ou de poursuivre le contrat. Cette opinion n’engage que son responsable. Cependant, les auteurs ainsi « libérés » ne doivent pas s’imaginer que, parce que leur livre a déjà été publié, d’autres éditeurs vont se précipiter sur lui la langue pendante, voire se battre pour le rééditer. Ce serait une naïveté et même de l’inconscience !

L’édition est souvent exigeante. Elle ne fait en cela que répondre au marché.

Thierry ROLLET

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UN DIFFUSEUR, OUI… MAIS A QUEL PRIX ?

PLUSIEURS AUTEURS m’ont déjà demandé pourquoi les livres Masque d'Or ne sont pas diffusés en librairie – autrement dit, pourquoi le Masque d'Or n’a pas de diffuseur.

C’est tout simplement une question de coût. Sachez bien que vous, auteurs, qui êtes aussi de grands lecteurs (l’un ne va pas sans l’autre), vous payez d’abord le diffuseur chaque fois que vous achetez un livre chez un éditeur qui utilise les service d’un diffuseur. En effet, le diffuseur prend entre 50 et 60% du prix du livre. Par conséquent, si le Masque d'Or devait concéder ne fût-ce que 50% des ventes à un diffuseur, non seulement il ne gagnerait plus rien mais encore serait-il déficitaire.

Alors, me direz-vous, comment font les autres éditeurs ?

Eh bien, ils se divisent en deux catégories principales ou, pour mieux dire, ils ont le choix entre deux solutions de publication :

1. l’éditeur publie entre 3 ou 4 livres par ans (je parle des nouveautés) et constitue d’avance un stock d’au moins 500 exemplaires (minimum). Or, il faut savoir que plus le nombre d’exemplaires imprimés augmente, plus le prix par exemplaire diminue. C’est ce qui permet à cet éditeur de gagner quand même quelques sous, du fait que chaque livre ne lui coûte par cher à l’impression. Cependant, les chances d'être publié chez un tel éditeur sont d’une pour mille environ : c’est le cas du grand Galligrasseuil.

2. l’éditeur n’a pas de diffuseur et ne constitue que de petits stocks selon les commandes reçues. Ses livres sont donc plus chers à l’impression, ce qui lui interdit d’accepter les conditions draconiennes d’un diffuseur. En contrepartie, il donne leur chance à un bien plus grand nombre d’auteurs (au moins une douzaine par an).

C’est cette seconde solution que le Masque d'Or a choisie et je pense que peu d’auteurs s’en plaindront.

Par ailleurs, du moment qu’un éditeur fait tout son possible pour être reconnu et cité sur des bases de données accessibles à tous les professionnels du livre (Dilicom, lechoixdeslibraires.com, Electre…), il a toutes les chances de vendre. Mais il y aura toujours des livres qui se vendront mieux que d’autres sans que l’on sache pourquoi. Je vous renvoie aux éditoriaux publiés sur ce sujet dans l’ancienne formule du Scribe masqué.

Donc, pour vendre des produits, culturels et autres, il faut y travailler, ne jamais renoncer, sauter sur toutes les bonnes occasions de publicité… mais il faut aussi avoir la chance de plaire au public. Nous sommes tous consommateurs, alors, posons-nous cette question : quelle est notre politique d’achats ? Nous comprendrons mieux, sans doute, quelle est celle d’autrui…

Thierry ROLLET

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Connu ou célèbre : quelle marge ? Quelle différence ?

NOUS le souhaitons tous : être connus, être célèbres grâce à nos écrits. Nous voulons tous sortir de l’anonymat grâce à notre métier d’écrivain, même lorsqu’il s’ajoute à un autre métier plus alimentaire… Mais connaissons-nous bien la différence, la marge entre ces deux concepts apparemment synonymes ? Je pense, quant à moi, qu’ils ne le sont pas. Je vous livre donc cette réflexion.

Être célèbre, c’est être un nom, mais pas forcément une œuvre – ou bien l’inverse. Ainsi, tout le monde connaît Victor Hugo ; à la rigueur, tout le monde connaît son plus célèbre roman : les Misérables. Mais son œuvre complète est-elle aussi célèbre que son auteur ou que ce roman ? Une petite question : lequel de ces trois romans est-il de Victor Hugo : 1) les Travailleurs de la mer ; 2) l’Homme qui rit ; 3) Notre-Dame de Paris ? Voilà qui rend plus ardu le problème de la célébrité, n'est-ce pas ?

Vous en redemandez ? Alors, citons Jean de La Fontaine : il est connu pour ses Fables, mais l’est-il aussi pour ses Contes et Nouvelles en vers ?

Continuons le jeu en citant un vers célèbre : « Partir, c’est mourir un peu. » Qui parmi vous savait qu’il était d’Edmond Haraucourt (1865-1941) ?

Voici donc ce qu’est la célébrité : un nom, un titre, un vers, une phrase…

Maintenant, voyons ce que signifie être connu : c’est – à mon avis – lorsqu’un auteur et son œuvre peuvent être réunis de la manière la plus exhaustive possible. Connu et célèbre ne peuvent donc être synonymes.

Alors, comment peut-on être connu ? De préférence, par un phénomène de publicité récent – par exemple, lorsque vous venez de sortir votre livre, surtout s’il s’agit de votre première publication. Vous serez ainsi plus connu dans votre quotidien et dans votre région. Être connu, c’est donc une question de temps et de lieu, le plus souvent assez restreints. C’est ainsi que, pour éviter d’être oublié, un(e) auteur(e) doit publier régulièrement : en volume, en revue, voire en ligne. Par la suite, les mois et les années passant, il(elle) deviendra peut-être célèbre et nous en reviendrons à notre point de départ.

Il existe, bien sûr, d’autres moyens d'être connu(e) : avoir une profession en vue, être une personnalité médiatique… Mais, si l’on ne bénéficie ni de l’une ni de l’autre, il est un autre moyen plus évident : faire en sorte que le public vous reconnaisse de lui-même, l’intéresser à votre œuvre, le plus souvent dans un but pratique.

Permettez-moi de donner deux exemples personnels : mon récit historique Jean-Roch Coignet, capitaine de Napoléon 1er a déjà été cité dans les bibliographies de cinq thèses différentes de doctorat en histoire, traitant du 1er Empire. Par ailleurs, un autre doctorant en histoire, dont les recherches s’orientent vers les gladiateurs romains, a récemment cité mon roman historique Spartacus – la Chaîne brisée dans sa bibliographie . C’est ce qui me permet d'être connu dans un certain milieu : celui des historiens. Cela ne m’a pas fait perdre la tête, bien au contraire, puisque ces faits m’ont précisément permis de me faire une opinion quant à cette différence de termes dont je vous entretiens actuellement : je suis sans doute connu… mais pas célèbre.

Mais, me direz-vous, comment pourrions-nous bénéficier d’une telle promotion ? Je vous réponds : pourquoi pas ? Pourquoi, par exemple, Uwishin de Julien Stephan ne serait-il pas cité dans une thèse d’ethnologie ? Pourquoi des romans comme le Baiser de Pascale Rémondin, le Monstre de Henry Meillant ou Je te vengerai de Fabien Mauris ne seraient-ils pas cités, voire étudiés, dans des thèses ou des articles portant sur la société moderne et ses valeurs sentimentales ? Il suffit souvent d’attendre une bonne occasion.

Pour être connus, chers auteurs, ne manquez pas une occasion de faire parler de vous. Même si un jour on vous critique négativement, consolez-vous en vous disant que vous avez tout de même attiré l’attention et, ipso facto, renforcé la curiosité sur votre œuvre. Cela ne se passe pas toujours dans une atmosphère plaisante mais plus on parlera de vous, plus vous serez connus.

Alors, vous aurez peut-être la chance de devenir un jour célèbres… qui sait ?

Thierry ROLLET